L’apprentissage de nouvelles compétences, une nécessité.

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Il y a plusieurs années, lors d’un Master Class pour magiciens, Jeff McBride, maître magicien américain, partageait cette phrase :

“You need to practice beyond your skill level. But you need to perform at the core of your skill level.”

(Tu dois t’entraîner au-delà de ton niveau de compétence. Mais tu dois performer au centre de ton niveau de compétences)

Cette phrase était en réponse à un étudiant qui demandait comment être moins stressé lors de ses spectacles.

Une des raisons était qu’il incluait des techniques difficiles, y compris s’y être entraîné pendant plusieurs mois.

Une évidence : perso et pro

La réponse de Jeff, une fois énoncée, sonne comme une évidence.

Performer au-delà de son niveau de compétence,

Devant un public,

Qui a peut-être payé sa place,

Est une des situations les plus stressante qui soit.

Mais comment déterminer le juste niveau entre “je maîtrise” “je me challenge” et “c’est trop difficile” ?

Ou pour reprendre des termes plus communément utilisés :

Déterminer le juste niveau entre sa zone de confort et sa zone de challenge.

Dans le monde de l’entreprise, cette question aussi a son importance.

Car on recherche toujours à améliorer les pratiques, les compétences, et in fine, les résultats.

Si ce n’est pas un impératif, c’est en tous cas une injonction très présente.

Ce qui est complété par certains experts en innovation qui affirment que si on ne provoque pas régulièrement des changements, même réduits ou modestes,

Nous finissons par régresser de facto car nous nous faisons dépasser par le contexte qui, lui, change inexorablement.

Si tu t’es déjà intéressé au sujet, tu as peut-être déjà lu ou entendu un chiffre :

Pour se développer (ou développer nos projets) sans se démotiver,

Il faut viser (et potentiellement subir) 15% d’échecs dans ce qu’on entreprend.

Ceci nous permettrait de se challenger, tout en rendant l’échec tolérable.

L’origine des 15 %

Ce chiffre provient d’une étude de Robert C. Wilson et son équipe publiée en 2019.

Le titre de l’étude n’y va pas par quatre chemins :

The Eighty Five Percent Rule for optimal learning

(La règles des 85% pour un apprentissage optimal)

Mais comment est-ce que les chercheurs en sont arrivés à ce chiffre ?

Dans leur étude, ils ont entraîné des réseaux de neurones (c’est-à-dire des modèles informatiques derrière les intelligences artificielles) sur différentes tâches :

  • Trier des données,

  • Identifier le contenu d’images,

  • Apprendre à se mouvoir (pour un robot par exemple,) ou

  • Renforcer l’apprentissage de concepts.

À chaque fois, les chercheurs variaient le niveau de difficulté des tâches à accomplir.

En analysant les performances, ils ont remarqué que le taux d’échec optimum pour lequel les réseaux de neurones se développaient le plus efficacement était de 15 %.

Les auteurs de l’étude font également un rapprochement de ce ration 85/15 du concept de Flow du psychologue Mihaly Csikszentmihalyi (à prononcer /mi-aï tchik-senne-mi-aï/)

Si tu ne le connais pas, la zone de Flow est celle où nous sommes absorbés par ce que nous faisons.

Cela car les tâches ne sont juste un peu difficiles par rapport à nos compétences.

Rester dans cet état de Flow nous permet de développer nos capacités facilement, car notre motivation reste toujours haute.

Les limites de l’étude

L’étude de 2019, comme souvent en science, a reçu son lot de remarques et de contestations.

Parmi les plus importantes, il y a :

1⃣

Difficile de généraliser les résultats obtenus avec des réseaux de neurones avec des tâches d’apprentissage telles que celles de notre quotidien.

Tout simplement car ces dernières sont plus complexes que les tâches qui ont été effectuées dans l’étude.

(Sans compter qu’elles nécessitent peut-être d’interagir avec d’autres personnes, augmentant alors leur complexité.)

2⃣

Dans tout apprentissage, la motivation est un facteur important.

L’étude ne prend pas cette donnée en compte (car les réseaux de neurones n’ont pas —encore ?— cette capacité.)

De plus, les perceptions individuelle et collective de l’échec ont un fort impact sur notre motivation.

Par exemple, une personne peut être ok après avoir échoué à un examen,

Alors qu’une autre personne sera dévastée.

Ou si l’échec est perçu comme inconcevable dans la communauté,

Par rapport à une culture où l’échec est valorisé.

Ces remarques sont tout à fait pertinentes.

Néanmoins, si le chiffre n’est pas à prendre au pied de la lettre,

Il peut agir comme une heuristique pour nous guider.

Une règle simple pour améliorer nos compétences, nos relations, nos projets, sans devenir une loi rigide.

Mais même cela comporte :

Des risques à éviter

Le plus important des risques dans une application, même souple, du ratio 85/15, est de vouloir l’appliquer partout, à tout moment.

Il est crucial de prendre en compte le contexte.

Par exemple : un chirurgien ou un pilote d’avion ne peuvent pas se permettre de viser 15% d’échecs dans leur travail 😅

Pour un employé de bureau, cela va dépendre.

Par exemple, un comptable peut se permettre 15% d’échecs dans la mise en place d’un site web permettant à ses clients de télécharger des notes de frais.

Mais il ne peut pas se le permettre lorsqu’il doit valider les comptes d’une entreprise.

Au passage, c’est un petit peu la même chose avec l’expression (ou devrais-je dire l’injonction dans la plupart des cas où elle est partagée) “devenir une meilleure version de soi-même”

Ça ne peut mathématiquement pas s’appliquer dans tous les domaines de notre vie.

(Et quand bien même, il y a certains domaines où le “juste assez” est ok 😅)

Défi de la semaine

Identifie une compétence que tu veux développer.

Te challenges-tu suffisamment ?

Ou restes-tu trop dans la facilité ?

Comment est-ce que le ratio 85/15 pourrait t’aider à optimiser ton apprentissage ?

Quels sont les 15% d'exercices que tu pourrais réaliser, quitte à échouer ?

Partage-moi tes pensées 😁

Tes commentaires m’intéressent !

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