
Gagner 3 places, ce serait déjà pas mal !
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Est-ce que tu t'es déjà retrouvé dans une longue file d'attente,
À désespérer parce que ça n’avançait pas ?
Et tu t'es peut-être dit :
« Si seulement je pouvais passer devant quelques personnes ! »
Aujourd'hui, je vais te donner une astuce issue d'une étude scientifique !
Mais également un principe qui va peut-être t'aider dans la communication avec tes collègues.
Gruger pour accéder à la photocopieuse
En 1958, Ellen Langer fait une expérience.
À l'époque, la photocopieuse de l'université) est très sollicitée.
(Oui, LA photocopieuse… On parle d’un ancien temps 😆)
Il était donc courant d'avoir à faire la queue devant.
La chercheuse s'est demandé par quel moyen une personne dans la file lalaisserait passer devant elle.
Elle a testé 3 hypothèses.
1⃣ La première : elle arrivait avec une liasse de papier et demandait :
« Je n'ai que 5 pages, voudriez-vous me laisser passer ? »
2⃣ Dans la deuxième, elle disait :
« Je suis pressée, voudriez-vous me laisser passer ? »
3⃣ Et pour la dernière, elle demandait :
« Voudriez-vous me laisser passer car j'ai des photocopies à faire ? »
Avant de continuer la lecture, essaye d’évaluer le pourcentage de réussite de chacune des hypothèses.
Laquelle (lesquelles) de ces stratégies a (ont,) selon toi, le mieux fonctionné ?
La meilleure technique ?
La deuxième.
Celle de dire que nous sommes pressés.
94% de réussite.
Mais juste derrière,
Avec 93% de réussite :
La troisième.
Oui, oui, tu as bien lu !
Cette dernière option,
Qui ne consiste qu’à dire l'évidence,
A fonctionné aussi bien que celle où on précise être pressé.
Petite parenthèse :
Si tu penses que le taux de réussite est lié au fait que l’expérimentateur était une femme,
Détrompe-toi !
C’est un facteur pris en compte dans l’étude et aucune différence significative n’a été trouvée en changeant le genre de l’expérimentateur.
L’étude conclut alors que des interactions apparaissant comme effectuées en conscience, peuvent être plutôt effectuées de manière automatique.
Je pense qu’ici, la clé est l’explication de la demande et de ses propres intentions.
(Même lorsque l’explication est bidon.)
Car, tu t'en es peut-être déjà rendu compte :
Nous jugeons les autres sur leur(s) action(s,)
Alors que nous nous jugeons sur nos propres intentions.
Un peu comme lorsque tu es en voiture et que tu vois quelqu'un griller un feu rouge ou une priorité.
Je suis sûr que dans ces cas-là tu te dis :
« Mais ça ne va pas ! Il est complètement imprudent ! » (Pour rester poli !)
(Et oui, c’est souvent un "il" et non une "elle" 😅)
Mais, dans les (rares j’en suis sûr) cas où cela t’arrive,
Tu vas plutôt penser :
« Oups, je n’ai pas fait attention. »
Ou encore :
« Juste pour cette fois, je suis pressé·e aujourd'hui »
Si on regarde rationnellement ces deux situations,
Dans le premier cas,
La personne n’aurait-elle pas pu être pressée et, "juste pour une fois," griller le feu ?
Ou le conducteur n'a juste pas fait attention cette fois-ci, contrairement à ses habitudes ?
Pourquoi on agit comme ça ?
Tout simplement parce que notre cerveau a accès à nos intentions.
Mais pas à celles des autres.
Il a donc plus d'informations à disposition pour évaluer la situation.
Si tu me lis depuis quelques temps, tu sais que,
Pour évaluer une situation,
Notre cerveau utilise tout un ensemble d'informations.
Parmi ces informations, il y a nos mémoires.
Il y a aussi les modèles qui nous aident à comprendre le monde.
Et il y a également toutes nos intentions.
Élément qui nous est complètement inaccessible lorsqu'il s'agit d'une autre personne.
Cependant, parce que notre cerveau a besoin de créer du sens pour une situation donnée,
(Afin de savoir comment réagir et interagir)
Il ne va pas s’arrêter à cause d'un « il me manque une information. »
Il va du coup lui-même estimer l'information nécessaire,
Basée sur les représentations que nous avons.
Pour reprendre l'exemple de la conduite :
Dans nos représentations habituelles,
Quelqu'un qui fait des erreurs de conduite est forcément un mauvais conducteur.
(Sauf si, dans ton entourage, tu côtoies des personnes qui sont souvent inattentifs sans être pour autant de mauvais conducteurs 😅)
Également, nous n’avons accès ni aux intentions de la personne, ni à son histoire.
Peut-être que cette personne grille toujours les feux.
Ou qu’elle est généralement civique.
Peut-être que cette personne ne connaissait pas le quartier et cherchait sa direction.
Pour reprendre l'exemple des photocopies :
Le fait d'avoir exprimé son intention a suffi à obtenir une réponse positive.
Un bémol néanmoins sur l’étude :
Quand on la lit en entier,
On constate que le succès est lié à l'effort à effectuer par la personne qui laisse passer.
Si cet effort est faible (5 pages à photocopier,) l’expérimentateur obtenait une réponse positive.
Mais lorsqu’il avait 20 pages à photocopier, les personnes refusaient plus.
Et la technique du “j’ai besoin de faire des photocopies” ne marche pas mieux que celle du “je suis pressé.”
Comme si la conscience de la personne se réveillait en mesurant le nombre de feuilles. 😆
Si tu as envie de retrouver tous les paramètres testés,
Ainsi que deux autres expériences sur le sujet,
C’est par ici :
Au quotidien ça donne quoi ?
Lorsque tu interagis avec tes collègues,
Est-ce que tu partages tes intentions ?
Est-ce que tu exprimes pourquoi tu fais une demande ?
Et lorsque tu reçois des demandes de tes collègues,
Est-ce que tu projettes une intention ?
Dans mon parcours professionnel, j’ai vu (et eu) ce travers de nombreuses fois.
Lorsque je suis pressé pour avoir une information,
Et que je dis juste « c’est urgent. »
Lorsque je travaille avec une équipe à distance, sans connaître leurs contraintes,
Et que je les qualifie de ”ceux qui travaillent comme des cochons.”
Lorsque j’estime que mes collègues qui me demandent quelque chose « ne comprennent rien aux enjeux. »
Et, une fois cette tendance identifiée chez moi,
Lorsque j’ai été confronté à ce comportement,
J’ai généralement réussi à dénouer le problème en questionnant chaque personne sur leurs contraintes,
Et sur leurs intentions.
Puis, en leur partageant ce que j’avais entendu,
Mes collègues prenaient un peu de distance et arrivaient à mieux collaborer.
Défi de la semaine
Pour la semaine qui vient,
Je t'invite à observer la manière dont tu formules tes demandes à tes collègues.
Est-ce que tu leur donnes des explications ?
Est-ce que tu leur partages tes intentions ?
Tes contraintes ?
Tes objectifs ?
Ou est-ce que tu fais juste la demande sans rien ajouter d'autre ?
Et dans ce dernier cas,
Je t'invite à modifier ta manière de demander.
En y ajoutant ton intention.
Puis envoie-moi un message pour me dire si tu as eu un meilleur taux de réponse à tes demandes 😁
Tes commentaires m’intéressent !
N’hésite pas à m’envoyer un message pour me dire :
Ce que tu as apprécié,
Ce que tu as détesté,
Ce que tu as testé,
Ce qui a marché,
Ce qui a bloqué,
Ce dont tu aimerais que je parle dans une prochaine édition.
Je suis à ton écoute et je te répondrai avec plaisir.
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