Quelle malchance ! Ou pas…

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Aujourd’hui, j’ai envie de te faire découvrir un phénomène qui sévit à New York depuis près de 15 ans :

L’apparition de “zones de malchance” sur les trottoirs.

(“Bad luck spot” en anglais)

Dès que tu me mets un pied dedans,

Ta chance disparaît pour la journée !

Fort heureusement, il apparaît également dans la ville des “zones de chance.”

Ainsi que des “zones d’embrassade” (“hugging,”)

Des “zones de chant,” ou encore

Des “zones de bien être” (“healing.”)

La preuve en images :

(photo par Felix Morelo et Untapped New York)

(photo par Felix Morelo et Untapped New York)

(photo par Felix Morelo et Untapped New York)

Tu l’auras compris,

Il s’agit de street art.

Ce qui est néanmoins fascinant avec cette œuvre de l’artiste New Yorkais Felix Morelo,

C’est le comportement des passants face à ses zones.

D’ailleurs,

Quel aurait été le tien ?

Aurais-tu osé mettre un pied dans une zone de malchance ?

Aurais-tu osé mettre un pied dans une zone de chant ?

Et que te serais-tu dit après coup ?

La rationalisation a posteriori

Certains passants vont faire un détour pour éviter une zone de malchance.

D’autres vont sauter à pieds joints dans une zone de chance.

Il y a également ceux qui continuent de marcher droit devant eux,

Comme s’ils étaient invincibles ou intouchables.

Dans tous les cas,

Factuellement,

Il ne s’agit que de traces de craies sur le trottoir.

Alors pourquoi ce comportement ?

C’est un autre phénomène qui se passe dans notre esprit.

Je suis sûr que si on interrogeait chaque passant,

Tous auraient une bonne raison d’avoir fait ce qu’ils ont fait.

“Je ne veux pas te tenter le diable.”

“Ce n’est que de la craie sur le sol.”

“Je n’y crois pas, mais ça ne coûte rien d’essayer.”

Et le must :

Celui qui n’y croit pas,

Qui rentre fièrement dans une zone de malchance pour la défier,

… Et qui va la blâmer plus tard dans la journée lorsqu’un pépin lui arrivera !

Bref, tu l’auras compris,

Notre cerveau est très fort pour rationaliser après coup ce qu’il s’est passé.

Pourquoi on post-rationalise ?

Ce besoin de rationaliser a posteriori de notre cerveau vient a priori de quatre éléments :

1⃣ Créer du sens

Notre cerveau est un champion quand il s’agit de créer du sens à partir d’éléments qu’il constate dans notre environnement.

Cela lui est primordial.

Pour évoluer dans un environnement hostile, comme pouvait l’être une jungle,

Il est nécessaire pour notre cerveau de comprendre cet environnement.

Le comprendre pour pouvoir anticiper (et ainsi éviter les situations à risque.)

2⃣ Réduire l’ambiguïté

À chaque seconde, notre cerveau reçoit tout un ensemble d’informations qui sont complexes.

Notre monde n’est pas noir et blanc, mais nuancé et pluriel.

Dans sa recherche de pouvoir comprendre et anticiper l’environnement,

Si une simplification peut permettre de réaliser plus facilement cette tâche,

Comme considérer qu’un chat noir porte malheur,

Notre cerveau va y succomber.

3⃣ Donner l’illusion du contrôle

Toujours pour nous permettre d’évoluer dans un environnement hostile,

Notre cerveau a besoin de nous donner une sensation de contrôle ou de maîtrise.

Il serait en effet terrifiant qu’à chaque instant de notre vie,

Nous nous sentions hors de contrôle !

Donc si effectuer une action,

Comme un petit geste avec les mains pour nous porter chance avant un entretien d’embauche,

Nous donne l’impression d’agir sur notre environnement,

Notre cerveau va le favoriser.

4⃣ Maintenir une image cohérente

Dernier élément, notre cerveau cherche à tout moment à maintenir une image cohérente de nous-mêmes.

(Ce qu’on pourrait appeler notre “identité.”)

Cela n’est pas nécessairement un absolu :

Tu connais sûrement comme moi des fumeurs qui mangent bio.

Nous sommes tous des êtres de contradiction… Qui ont toujours une bonne raison !

(Car je suis sûr que ces fumeurs en auraient une ! 😆)

Et en entreprise ?

Peut-être que ce phénomène de post-rationalisation te rappellera les expériences de Johansson et Hall dont je t’avais déjà parlé.

Pour rappel, elles portent sur la manière dont nous justifions nos choix, a posteriori,

Y compris lorsque nous sommes confrontés à un choix contraire à celui que nous avons fait.

(Pour un rappel plus détaillé, c’est par ici.)

Dans le champ des biais cognitifs et erreurs dans la prise de décision,

Il y a le biais des coûts irrécupérables.

Comme son nom l’indique,

Il s’agit de la tendance de notre cerveau à prendre en compte des coûts déjà passés,

Qu’on ne peut pas récupérer (argent dépensé, temps passé, efforts fournis, vies perdues,)

Et qui vont néanmoins être pris en compte dans une décision.

Pour prendre un exemple horrible :

La décision pour un pays de se retirer d’une guerre.

Pour prendre un exemple plus léger :

Avoir déjà investi plusieurs milliers d’euros dans une solution informatique qui ne marche pas.

Un des meilleurs moyens pour détecter le biais des coûts irrécupérables est l’expression d’une post rationalisation.

Il s’agit de la phrase :

On a quand même pas fait tout ça pour rien !?

Je suis sûr que tu peux très facilement penser à une décision où tu t’es dit cela ! 😅

Cependant, si on analyse rationnellement cette phrase,

On a rarement fait tout “ça” pour “rien.”

A minima,

On a appris des choses sur notre environnement, sur nos partenaires ou nos clients,

On a découvert de nouvelles contraintes ou des limitations,

On a mis au jour des modes de fonctionnement inefficaces ou des ressources insoupçonnées de l’équipe.

C’était peut-être cher payé pour ce qu’on a obtenu,

Mais ce n’était pas “rien.”

La difficulté reste, au moment de prendre la décision,

D’ignorer ce sentiment de perte qui risque de nous engager un peu plus dans une situation qui,

Si elle était jugée par quelqu’un d’extérieur,

Serait qualifiée de potentiellement néfaste pour nous.

Comme ces conseils inadéquats que tu as reçus de personnes ne te connaissant pas.

… Ou ceux que tu as donné sans véritablement connaître la situation de l’autre 😓

Défi de la semaine

Y a-t-il un projet que tu devrais arrêter ?

Par exemple, un projet qui dure depuis longtemps et qui ne porte pas ses fruits ?

Lors d’un séminaire de managers où j’intervenais récemment,

Lorsque j’ai parlé du biais des coûts irrécupérables, tous on exprimé unanimement un projet !

Cela car depuis plusieurs mois, chaque fois que ce projet est discuté en réunion, il n’y a que des problèmes qui sont rapportés et aucun avancement dans la bonne direction…

Et puisque c’est la période des vacances :

Je te propose un mini-défi plus amusant :

Inspire-toi du travail de Felix Morelo et crée des “zones” au bureau !

Zones de chance ou de malchance,

Zones de boost d’énergie,

Et si tu es vraiment très joueur, zones de chant 😁

Tu me raconteras les résultats !

Tes commentaires m’intéressent !

N’hésite pas à m’envoyer un message pour me dire :

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  • Ce que tu as testé,

  • Ce qui a marché,

  • Ce qui a bloqué,

  • Ce dont tu aimerais que je parle dans une prochaine édition.

Je suis à ton écoute et je te répondrai avec plaisir.

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