Jongler au travail ? Trop facile !

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Aujourd’hui, on va explorer un mythe bien répandu sur le cerveau.

Mythe qui a un impact fort sur ton efficacité au travail ou au quotidien.

Commençons par :

Un petit jeu

1 minute te suffira.

Ouvre le chronomètre sur ton téléphone.

Mesure le temps que tu mets pour dire (ou penser) l’alphabet de A à Z le plus rapidement possible.

Note le résultat.

Mesure maintenant le temps que tu mets à compter (à voix haute ou en pensée) de 1 à 26 le plus rapidement possible.

Fait la somme des deux durées.

Remets ton chronomètre à zéro.

Tu vas maintenant refaire la même chose mais en alternant : A-1, B-2, C-3, etc.

Va le plus vite que tu peux.

Compare maintenant la différence entre les deux exercices.

Tu devrais rencontrer un écart.

(Dans mon cas, c’était de +20 secondes la deuxième fois, soit environ 2x plus lent 😅)

Tu l’auras peut-être déjà compris.

Aujourd’hui, je vais te parler de l’idée que notre cerveau est multitâche,

Qu’il est capable de faire plusieurs choses à la fois.

C’est une croyance assez répandue qui est globalement fausse.

Je sais déjà ce que tu vas me dire :

“Oui, mais Alex…”

“Je suis capable de parler et marcher en même temps.”

“Je suis capable de conduire et de parler à une personne en même temps.”

“Je suis capable de prendre des notes tout en suivant une formation.”

Et c’est tout à fait juste !

Apportons donc un peu de nuance.

Trois types de processus cérébraux

Il faut faire la différence entre :

  • Processus inconscient,

  • Processus cognitif automatique, et

  • Processus cognitif nécessitant de l’attention.

Le processus inconscient, comme son nom l’indique, est un processus auquel nous n’avons pas accès consciemment.

Et pour lequel il n’y aurait aucun sens d’en être conscient !

Par exemple : respirer, digérer, combattre les virus, transpirer pour se refroidir, analyser les perceptions visuelles, etc.

Le processus cognitif automatique est un processus conscient qu’on a tellement travaillé qu’il en est devenu automatique.

Marcher, conduire, frapper dans une balle de tennis, faire un superman en pilates, mélanger un jeu de cartes, etc.

Ici, c’est parce que nous avons répété les mouvements et la coordination nécessaire que ces processus nous sont devenus faciles.

On a oublié nos efforts pour la marche mais je suis sûr que tu n’as pas oublié ceux pour apprendre à conduire 😉

Enfin, un processus cognitif qui nécessite de l’attention est une tâche complexe difficilement automatisable :

Lire un document, écouter lors d’une conversation, faire attention aux voitures et aux piétons lorsqu’on conduit, surveiller plusieurs plats sur le feu, exécuter un numéro de magie interactif, etc.

On peut désormais rentrer dans :

Le mythe du cerveau multitâche

Le mythe du cerveau multitâche est celui de croire que notre cerveau peut faire plusieurs tâches qui nécessitent de l’attention en même temps.

Comme conduire, parler à une personne, et faire attention à la route.

Comme répondre à un email tout en discutant avec un collègue.

Comme étudier ou être en formation et suivre ses notifications email ou Instagram.

Car si notre cerveau est bien capable de faire certaines tâches en parallèle (comme ce qui touche aux perceptions sensorielles ou aux mouvements,)

Dès qu’il s’agit d’une tâche nécessitant notre attention, notre cerveau passe en mode séquentiel.

Et si nous avons l’impression de jongler facilement entre plusieurs de ces tâches, cela veut seulement dire qu’on a entraîné un mécanisme nommé le switch attentionnel.

Le switch attentionnel est le mécanisme qui engage notre attention sur une tâche, puis la désengage pour la réengager sur une autre. (Et ainsi de suite.)

Le problème c’est que nous ne ressentons généralement pas l’effort réalisé par le switch attentionnel.

C’est ce qui donne racine au mythe du cerveau multitâche.

Pour te le prouver :

4 grandes expériences scientifiques

Je ne vais pas t’assommer de références. Je voulais néanmoins te partager quatre expériences qui cassent le mythe du cerveau multitâche.

Lorsqu’on mesure sous IMRf le niveau d’activation de deux zones cérébrales,

On constate que le niveau activation est plus faible lorsqu’on fait deux tâches simultanément, en comparaison avec la somme des niveaux d’activation lorsque les tâches sont effectuées en séquentiel.

Comme pour le jeu du début.

Conduire en téléphonant, y compris avec un kit main libres, réduit les temps de réaction de manière similaire à conduire avec 0.8% d’alcool dans le sang.

J’évoquais un phénomène similaire avec les Google Glasses dans cet article.

(Article qui, d’ailleurs, contient aussi un jeu qui contredit l’idée du cerveau multitâche.)

Certaines étapes précoces de la décision (réaction à un stimulus) peuvent commencer à avancer en parallèle.

Cependant, les étapes centrales, responsables de la décision ou de la réponse au stimulus, se déroulent elles généralement l’une après l’autre.

Le cerveau agit comme s’il posait rapidement un verrou qui rend le traitement cognitif séquentiel.

Lorsqu’on passe d’une tâche à une autre, il y a un coût mental :

Mettre en pause et décharger le contexte de la première tâche, charger le contexte de la deuxième tâche, et ainsi de suite.

Ce coût mental représente jusqu’à 40% du temps de travail total.

Si tu n’es toujours pas convaincu·e, je t’invite à (re)lire cet article ou celui-là et à faire les jeux qu’ils contiennent 😄

Et en entreprise ?

Le plus intéressant à noter pour ton travail au quotidien, c’est la dernière étude mentionnée ci-dessus : le coût du switch attentionnel.

Si tu jongles entre plusieurs tâches, presque la moitié de ton temps de travail sera absorbé juste par le fait de passer d’une tâche à l’autre.

Tu seras donc nécessairement moins performant que si tu te concentrais sur une tâche, la faire entièrement, puis de te concentrer sur une autre tâche.

Néanmoins, il y a un autre problème :

Tu n’es pas toujours complètement en contrôle de ce qui capture ton attention.

Par exemple : un collègue qui vient te poser une question alors que tu es en train de rédiger un email ou un rapport.

Ou une notification sur ton téléphone qui capte ton attention, même une demie-seconde, pendant que tu as analyses un dossier.

Modifier l’environnement pour plus de performance

Avec les exemples ci-dessus, tu as probablement déjà une idée de ce que tu peux mettre en place.

1⃣ Lorsque c’est possible, entraîner encore et encore une tâche jusqu’à ce qu’elle devienne automatique (comme un ensemble de gestes.)

2⃣ Pour le reste des tâches : créer un environnement pour rester concentré·e.

Mets ton téléphone dans un tiroir, ou éteins-le.

Enferme-toi dans une pièce autre que ton bureau, ou prévois les efforts de concentration pour le télétravail.

En clair, élimine le plus de distractions possible pour ne pas avoir à déplacer ton attention sur autre chose que le travail que tu veux réaliser.

Ce qui nous amène à :

Défi de la semaine

Analyse ton environnement et tes conditions de travail :

  • Que détectes-tu qui peut voler ton attention ?

  • Comment pourrais-tu améliorer les choses ?

Tes commentaires m’intéressent !

N’hésite pas à m’envoyer un message pour me dire :

  • Ce que tu as apprécié,

  • Ce que tu as détesté,

  • Ce que tu as testé,

  • Ce qui a marché,

  • Ce qui a bloqué,

  • Ce dont tu aimerais que je parle dans une prochaine édition.

Je suis à ton écoute et je te répondrai avec plaisir.

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