
Et si c’était toi qui te donnait un coup de main ?
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Est-ce que tu sais ce que tu sais ?
Et surtout, est-ce que tu sais ce que tu ne sais pas ?
Même si ces questions ressemblent plus à un sujet de bac de philo,
Il y a derrière un concept intéressant qui peut t’aider à te développer.
Quatre niveaux de compétences
La première fois que j’ai entendu ce concept, c’était dans la bouche du magicien belge Carlos Vaquera.
Lors d’un congrès pour magicien, il a partagé qu’il y avait quatre niveaux de compétences :
L’incompétence inconsciente : tu es incompétent dans un domaine, et tu ne le sais pas (ou tu te crois bon mais tu ne sais pas que tu ne l’es pas – cf. illusion du savoir & effet Dunning-Kruger)
L’incompétence consciente : tu es incompétent dans un domaine, et tu le sais
La compétence consciente : tu es compétent, tu le sais, mais ça te demande encore des efforts pour exercer cette compétence
La compétence inconsciente : tu es compétent, et tu n’as même plus besoin de réfléchir pour exploiter ta compétence
Pour les illustrer,
Prenons un exemple technique simple : mélanger les cartes d’un jeu.
Il y a plusieurs manières de le faire.
Une des manières les plus habituelles est ce qu’on appelle le mélange français. (Overhand shuffle en anglais.)
C’est d’ailleurs probablement la manière dont tu mélanges toi-même les cartes !
Lorsque j’enseigne ce mélange à mes étudiants,
Il y a un point de détail que je me dois de leur expliquer :
Il s’agit de la position des doigts, notamment celle de l’auriculaire.
Sans rentrer dans trop de précision, la position de l’auriculaire est critique pour pouvoir, par la suite,
Utiliser d’autres techniques qui se basent sur ce mélange.
De la même manière que pour mon moi du passé,
Mes étudiants passent exactement par ces quatre étapes.
D’abord, ils me disent savoir mélanger.
Mais ils ne savent pas à propos de la position de l’auriculaire.
Je les fais donc passer d’incompétence inconsciente à incompétence consciente.
(Et s’ils me disent au départ ne pas savoir mélanger les cartes, je devrais ajouter quelques étapes en plus 😅)
Ensuite, je les fais travailler.
À ce moment, je vois le cerveau et le corps qui travaillent.
La coordination qui se met en place.
Le fait de devoir penser consciemment à cette position du petit doigt.
Le mélange prend forme mais l’attention des étudiants est encore sur la position des doigts.
L’incompétence consciente devient compétence consciente.
Après un travail personnel, quand ils reviennent me voir pour un autre cours,
Je peux alors constater que, ça y est,
La position de l’auriculaire est devenue inconsciente ou automatique.
Et que nous allons donc pouvoir passer à des techniques plus avancées.
La compétence est devenue inconsciente.
(Jusqu’au travail de la nouvelle technique ! 😆)
Une nécessité dans l’art de la magie
Contrairement à ce que l’image populaire pourrait le laisser penser,
Le niveau d’exigence dans l’art de la magie est incroyablement élevé.
Dans l’art de magie, les techniques utilisées doivent être complètement invisibles.
En effet, contrairement à des arts comme la jonglerie ou la danse,
Où la technique est mise en avant,
Dans l’art de la magie, comme en littérature par exemple,
La technique ne doit pas être ressentie.
Ce n’est même pas une question de ne pas la voir.
Il s’agit de ne même pas la ressentir.
Sacré challenge !
Est-ce qu’il ne serait pas insupportable si, en lisant un roman,
Tu t’arrêtais à chaque phrase parce que ça te faisait sortir de l’histoire ?
Avec des pensées du genre “la phrase est bizarre” “de quel personnage parle-t-il ?” ou encore “on est où là ?”
Tu as peut-être déjà vécu cette situation en face d’un magicien.
Ce moment où, tout d’un coup,
Ton esprit s’est mis en marche et tu es sorti·e du spectacle.
Sans trop savoir pourquoi,
Ni à cause de quoi,
Tu as eu le sentiment que quelque chose s’était passé.
Et l’ambiance créée par l’illusionniste s’est dissipée.
(Et en tant qu’artiste, je considère cela comme un échec.)
Lorsque Carlos Vaquera a partagé ces quatre niveaux de compétences,
C’était pour partager ses outils et méthodes et aider les magiciens à mieux s’entraîner et se développer.
D’une part, il cherchait à rappeler à chaque magicien la nécessité de travailler encore et encore ses techniques pour qu’elles deviennent inconscientes.
(C’est-à-dire qu’on puisse les exécuter sans même avoir à penser à ce qu’on était en train de faire.)
Ce qui laisse alors la place pour être présent avec les spectateurs et leur faire vivre une expérience inhabituelle.
D’autre part, Carlos voulait également rappeler qu’on pouvait facilement tomber dans une vision erronée de son travail,
(Car ne savait pas ce qu’on ne savait pas,)
Et qu’il était nécessaire d’analyser son propre travail sous différentes coutures,
Afin d’identifier s’il ne nous manquait pas certaines compétences.
Et dans le quotidien professionnel alors ?
J’y viens 😉
Dans ta profession, as-tu déjà rencontré un expert ?
Quelqu’un qui, en face d’une situation, a fait preuve d’une sagacité d’esprit qui t’a étonné ?
Où pour laquelle tu t’es dit : “mais comment a-t-elle pu penser à ça ?”
(Où sa variante : “comment n’y ai-je pas pensé moi-même ? C’était tellement évident !”)
Peut-être t’es-tu également retrouvé de l’autre côté de la barrière :
Avec des collègues qui étaient surpris ou ébahis devant ta capacité d’analyse rapide d’une situation.
Pour te faire ressentir les différents niveaux de compétences, je voulais te partager deux histoires personnelles :
Passer d’incompétence inconsciente à incompétence consciente
La première se déroule au tout début de ma carrière.
J’intègre une équipe de test logiciel, en charge de vérifier le bon développement des outils de déploiement de lignes ADSL en France.
Rapidement, j’ai eu la responsabilité de la sous-équipe chargée d’installer les nouvelles versions de chacun des logiciels, afin que les testeurs puissent travailler.
Un des composants récurrents dans l’architecture d’un logiciel est la base de données.
Dans cette société, nous utilisions Oracle Entreprise.
Ce n’est pas un logiciel avec lequel j’avais travaillé lors de mes études.
J’avais néanmoins travaillé avec d’autres systèmes de gestion de bases de données.
Je pensais du coup que ça allait fonctionner aussi facilement.
(Et là, tu me vois venir !)
Il y avait plusieurs paramètres auxquels faire attention avant de pouvoir installer une nouvelle base Oracle.
Et tout cela m’était inconnu…
Car ces paramètres étaient propres au fonctionnement de ce logiciel.
Si je n’avais pas eu la chance d’avoir des experts dans mon équipe,
Des personnes qui savait que ces points de détail sont en réalité cruciaux,
Ça aurait pu très mal se passer !
Passer de compétence consciente à compétence inconsciente
La deuxième histoire se passe un peu plus tard dans ma carrière,
Lorsque j’ai commencé à travailler en Belgique.
J’avais été recruté par une société de consultance pour l’expertise que j’avais développée pendant deux ans au sein d’une société spécialisée en France.
Pour cette société belge, j’étais donc le nouvel expert.
Et ce n’était pas un rôle inné pour moi à cette époque…
Du coup, avant chaque réunion avec un client, j’avais besoin de m’écrire des notes.
Ces notes me permettaient d’exprimer sur papier l’expertise que j’avais,
Mais qui me demandait un effort pour pouvoir l’exprimer de manière fluide.
Avec l’aide de mes notes,
Je pouvais réagir plus rapidement aux questions des clients.
Ou alors, éviter d’oublier un point critique qui me serait revenu après la réunion.
Et à force de faire des réunions clients, j’ai pu me passer au fur et à mesure de mes notes.
Mon souhait pour cette nouvelle année
En cette nouvelle année,
S’il y a bien une chose que je peux te souhaiter,
C’est de continuer à développer tes compétences.
Notamment celles qui peuvent passer sous le radar et qui rapportent gros !
J’espère (continuer à ?) te faire régulièrement découvrir, au travers de cette newsletter,
Quelque chose que tu ne savais pas que tu ne savais pas.
Et pour bien commencer 2025, je te propose une mise en action :
Défi de la semaine
Pour t’aider à identifier tes compétences et incompétences, qu’elles soient conscientes ou inconscientes,
Je te propose tout d’abord de choisir un domaine d’action dans ton travail.
Première étape, la plus facile : dans ce domaine d’action, identifie une compétence que tu as, et qui te demande des efforts.
Puis identifie une compétence que tu sais que tu n’as pas.
Ensuite, pense à une situation, dans le domaine d’action choisi, qui te paraît extrêmement facile à gérer.
À partir de cette situation, tu devrais pouvoir identifier une compétence qui est devenue inconsciente ou automatique chez toi.
Enfin, pour le plus difficile,
Identifier une incompétence inconsciente.
Je t’invite à te poser la question :
« Suis-je sous le coup d’une illusion du savoir ? » (cf. l'édition sur le bon sens)
À partir de cet état des lieux,
Tu peux désormais identifier où mettre tes efforts cette année pour grandir dans le domaine d’activité que tu as choisi 😊
Tes commentaires m’intéressent !
N’hésite pas à m’envoyer un message pour me dire :
Ce que tu as apprécié,
Ce que tu as détesté,
Ce que tu as testé,
Ce qui a marché,
Ce qui a bloqué,
Ce dont tu aimerais que je parle dans une prochaine édition.
Je suis à ton écoute et je te répondrai avec plaisir.
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