L’illusion est-elle devant ou derrière ?

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As-tu passé un bon été ?

J’aimerais savoir :

Quelle a été ta meilleure décision pour l’été ?

Et quelle a été la pire ?

Mais surtout :

Pourquoi était-ce la meilleure ? (Ou la pire.)

Aujourd’hui, j’aimerais te parler de la manière dont notre cerveau considère les décisions passées.

Cela a un impact non négligeable.

Au quotidien, mais également en entreprise car cela peut générer de l’inaction dans la prise de décision.

Nous allons explorer cela, au travers de trois biais cognitifs :

Biais du résultat (outcome bias)

Il s’agit de la tendance de notre cerveau à juger la qualité d’une décision uniquement en se basant sur le résultat obtenu, et non sur le processus qui a mené à la prise de décision.

Par exemple, il y a de fortes chances pour que la meilleure décision à laquelle tu as pensé il y a quelques secondes, le soit car elle est liée à des résultats positifs pour toi.

Idem pour la pire : la décision est liée à des résultats négatifs pour toi.

Mais est-ce que ça veut vraiment dire que la décision était une bonne décision ?

Est-ce qu’il n’y a pas des paramètres, comme la chance, qui sont ignorés ?

Par exemple :

Tu as décidé de voyager cet été en Espagne pour profiter du soleil.

Mais tes vacances ont été gâchées par les incendies proches de là où tu résidais.

Mauvais résultat car mauvaise décision, ou malgré une bonne décision ?

Continuons l’exploration avec :

Effet rétrospectif (insight bias)

L’effet rétrospectif est la tendance à regarder une décision passée et à conclure “c’était évident.”

Par exemple : pour ta pire décision d’il y a quelques secondes,

Tu t’es peut-être dit “c’était évident que c’était stupide.

Un peu comme si,

Une fois retrouvé·e à côté des incendies en Espagne,

Tu t’es dit “c’était prévisible.”

Cet effet je-le-savais-depuis-le-début est un grand classique des commentateurs politiques.

Mais également des juges des décisions en entreprise.

Terminons notre voyage avec :

Post-rationalisation

Il s’agit de la tendance de notre cerveau à fabriquer, après coup, une explication logique à une décision ou un comportement que nous avons adopté.

Si tu te rappelles les expériences de Hall et Johansson dont je t’ai parlé il y a plus d’un an (clique ici pour un rappel,)

Tu sais que notre cerveau est capable de créer une explication fausse qu’il te fera vivre comme vrai.

Il s’agit ici de maintenir la cohérence de notre image de soi, quitte à manipuler nos souvenirs.

Et en entreprise ?

Ces trois biais jouent ensemble constamment, que ce soit dans la vie perso ou dans la vie pro.

En entreprise,

Les managers se plaignent souvent d’inaction dans la prise de décision dans leurs équipes.

Une des raisons pour qui explique cette inaction est justement la conséquence de ces trois biais :

La peur d’être jugé a posteriori. 

Je suis d’ailleurs sûr que tu l’as déjà vu, voire vécu :

Un manager qui critique la personne qui a pris une décision avec des commentaires du genre :

« Mais pourquoi avoir pris cette décision ? »

« C’était évident que ça n’allait pas marcher ! »

« Il fallait faire autrement ! »

Le problème, tu l’auras compris, est qu’on juge le résultat.

Et non la prise de décision en elle-même.

Peut-être qu’il y a eu un contexte défavorable.

Peut-être qu’il y avait une prise de risque, identifiée et acceptée, et qu’on a joué de malchance.

Ce phénomène nous apparaît de manière tout à fait automatique.

Dans son livre Vous allez commettre une terrible erreur,

Olivier Sibony, professeur de management, partage

L’histoire d’un PDG qui nomme comme bras droit le responsable d’une filiale qui a fait faillite.

Devant la surprise des autres directeurs,

(“Mais pourquoi le promouvoir alors qu’il n’a pas atteint ses objectifs ?”)

Le PDG se justifie :

« Je lui ai donné la mission de créer une nouvelle filiale.

Nous savions que le contexte était difficile.

Nous n’avons pas réussi à remplir les objectifs visés et nous avons fermé cette filiale avant d’essuyer trop de pertes.

Néanmoins, le directeur a, à chaque fois, pris les meilleures décisions possibles par rapport aux informations dont nous disposions au moment de décider. »

Et la clé est probablement là…

Comment faire face ?

Le meilleur moyen pour éviter de tomber dans le piège tendu par ces trois biais est d’être capable d’évaluer la décision dans son contexte originel.

Ceci implique de documenter le contexte de la décision, au moment de la prise de décision :

  • Qu’est-ce qui est connu ?

  • Qu’est-ce qui est inconnu ?

  • Quels risques sont identifiés ?

  • Qu’est-ce qui va être mis en place pour prévenir ces risques ?

Ceci implique de réprimer notre envie de blâmer la personne qui a pris la décision !

(Notre tendance à tirer sur le messager… 🙄)

Dans ma carrière, j’ai rarement vu ces points documentés et communiqués lors d’une prise de décision.

Ils sont, je pense, fondamentaux.

Sans eux, notre cerveau aura tôt fait de filtrer nos souvenirs et fausser notre vision de la prise de décision.

Défi de la semaine

Pense à la meilleure décision que tu as pris ces six derniers mois.

Et pense à la pire décision que tu as pris dans ces six derniers mois.

Analyse le contexte de chacune.

Essaye de dissocier ce qui t’était connu au moment où tu as pris la décision,

Et ce qui a été découvert dans les six derniers mois.

Tes commentaires m’intéressent !

N’hésite pas à m’envoyer un message pour me dire :

  • Ce que tu as apprécié,

  • Ce que tu as détesté,

  • Ce que tu as testé,

  • Ce qui a marché,

  • Ce qui a bloqué,

  • Ce dont tu aimerais que je parle dans une prochaine édition.

Je suis à ton écoute et je te répondrai avec plaisir.

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