Savoir détourner un système pour mieux comprendre comment il fonctionne ?

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Est-ce que tu connais la série D'Argent et de Sang sortie entre 2023 et 2024 ?

Il s'agit d'une mise en images du livre éponyme écrit par le journaliste Fabrice Arfi.

Le livre et la série relatent l’histoire de la plus grosse affaire de fraude à la TVA de ces dernières années.

Celle de la fraude à la TVA sur les quotas carbone survenue en France entre 2008 et 2009.

Ça paraît technique comme ça, mais ne t'en fais pas.

Tu n’as pas besoin de connaître l'histoire pour ce que je vais te partager aujourd’hui.

La série nous fait suivre deux groupes :

D'un côté les fraudeurs,

De l'autre côté les magistrats qui enquêtent sur eux.

Très rapidement dans l'histoire, on se rend compte que la fraude est très facile du fait de la manière dont les systèmes et les processus sont conçus.

Et plusieurs fois dans la série, on se demande :

Pourquoi est-ce que ça a été si facile pour les fraudeurs ?

Une des réponses est liée au revers de la médaille sur le savoir.

L’avers étant la malédiction dont j’ai parlé dans l'édition précédente.

Résumé simplement, cela donne :

On ne sait pas ce qu’on ne sait pas

Dans la série,

Plus les magistrats avancent dans leur enquête,

Plus ils cherchent à démontrer aux initiateurs du système qu’ils manquaient cruellement de connaissances des techniques de fraude pour mettre en place un système suffisamment sécurisé.

C'est toute la difficulté de ne pas savoir ce qu'on ne sait pas.

Si tu me suis depuis un petit moment, tu sais que notre vision du monde n'est pas retranscrite fidèlement par nos sens.

(Cf. cette édition si tu as un trou de mémoire.)

Elle est plutôt créée, ou interprétée, par notre cerveau en fonction de ce qu'il sait.

Cette vision qu'on appelle "réalité" est donc déformée,

Et manque cruellement de ne pas savoir ce qu'elle ne sait pas.

Bon, il y a des cas faciles :

Tu me demandes de faire quelque chose (comme trouver la panne d’un moteur de voiture,)

Et je ne sais effectivement pas le faire.

Dans ce cas, je sais que je ne sais pas.

Le problème arrive lorsque je crois savoir.

Lorsque cela me paraît facile.

Comme changer la roue d’une voiture (alors que je ne l’ai jamais fait…)

Ou comme lorsque tu regardes un jongleur ou un acrobate :

Sans avoir essayé de reproduire toi-même les gestes,

La grâce et l’habileté obtenues par répétitions acharnées ne te semblent pas si compliquées que ça.

De la même manière, lorsque tu vois un magicien et que tu te dis “je sais comment il fait.

D'expérience, bien souvent, ce n'est pas du tout le cas !

Ceux qui me disent cela sont assez loin de la réalité 😆

Finalement, ce phénomène est similaire au cadrage serré,

Tant dans sa lumière que dans son ombre :

D’une part, nous allons rester sur notre pensée initiale,

D’autre part, ce qui est hors du cadrage nous est complètement invisible.

(Pour un rappel sur le cadrage serré, c’est ici et .)

Comment découvrir ce qu’on ne sait pas ?

Je pense qu'il y a deux manières de découvrir ce qu'on ne sait pas.

La première, c'est de faire soi-même.

… Et de se rendre compte qu’on n'est pas au niveau !

Par exemple : si je demande à tous ceux qui me disent "je sais comment tu as fait" de détailler et d’aller au bout de leurs pensées,

Ils se rendraient probablement compte que leur ‘solution évidente’ ne fonctionnerait pas.

De la même manière, tu peux le découvrir en effectuant des travaux qui paraissent simples en apparence.

Par exemple, repeindre les murs chez toi.

(Oui, pour moi, c'est basique. Mais peut-être fais-tu partie de ceux qui envisagent plutôt de refaire la terrasse 😅)

C’est en voyant le résultat que tu pourras de rendre compte, après coup, de la difficulté.

C'est un véritable mode “essai-erreur.

Il a le mérite de fonctionner.

Mais tu dois être prêt à en payer le coût.

Lorsqu'il s'agit de manipuler des cartes, ça va.

Lorsqu'il s'agit de d'écrire des lignes de code, ça va aussi.

Lorsqu'il s'agit de démolir un mur, c'est plus risqué.

La deuxième manière, c'est de faire appel à un expert.

Quelqu'un qui est "déjà passé par là."

(Je suis sûr que tu la voyais venir celle-là 😄)

Ce qui est intéressant avec le regard d'un·e expert·e,

C'est qu’il/elle va pouvoir détecter des choses dont tu n'es pas conscient.

Par exemple, on me demande souvent si je connais les techniques des autres magiciens.

La réponse est “ça dépend” (comme tu l'as vu dans la dernière édition.)

Cependant, les connaissances que je possède vont faire que,

Quand je vois un numéro de magie,

Je vais détecter certaines choses que quelqu'un sans expérience des techniques magiques sera incapable de détecter.

Un peu comme lorsque tu regardes une émission du type “Incroyable talent,”

Où un des jurés évoque quelque chose de très pointu et technique auquel tu n'aurais jamais pensé,

Et où tu te dis : “Mais carrément !

Comment réduire le coût ?

Le point négatif des deux approches évoquées ci-dessus, c’est qu’elles coûtent.

Soit en temps.

Soit en efforts.

Soit en ressources (argent ou autres.)

Est-il possible de réduire ces coûts ?

Je pense que tu peux commencer par la curiosité.

Comme évoqué dans cette édition,

Être conscient qu’il y a des aspects que tu ne connais pas,

T’autorise à être plus curieux·se.

C’est la curiosité qui t’aidera à te poser des questions du genre :

  • Pourquoi est-ce que ça ne marche ?

  • Qu’est-ce qu’il fait que telle personne a obtenu tel succès ?

  • Et si c’était plus complexe ?

  • Que peut-il y avoir d’autre ?

Questions qui ensuite te feront creuser plus en détails une situation que ton cerveau aurait considéré comprise dès le début.

Cela peut te paraître aller de soi :

Aller chercher des informations,

Se dire qu’il y a sûrement des éléments cachés,

Demande nécessairement des efforts.

Cela implique surtout qu’il faut mettre de la distance avec notre ego.

Cet ego qui pourrait te barrer le chemin en restant figé dans un “j’ai tout compris“ obtus.

Enfin, il te faudra être capable de poser les bonnes questions.

Et c’est parfois le plus difficile.

C’est pour cela que le questionnement est souvent considéré comme un art.

Pour poser les bonnes questions,

Et surtout pour changer le type de questions,

Je ne peux que t’inviter à lire le livre Les Techniques de Questionnement de Lionel Bellenger.

 

Tu découvriras (entre autres) qu’il y a plusieurs familles de questions dont les objectifs diffèrent fortement (s’informer, tester, inviter, faire le relais, renvoyer en miroir,)

Et qu’il est intéressant d’alterner ces familles.

Que ce soit lorsque tu interagis avec quelqu’un,

Ou lorsque tu te poses des questions à toi-même.

Un dernier élément est d’utiliser des outils, guides, ou recommandations développés par des experts.

Pour te donner une idée, faisons un détour dans le domaine de la cybersécurité.

Aujourd’hui, tu n’es pas sans le savoir, les enjeux de cybersécurité sont extrêmement importants.

En tant que développeur, il est facile de créer involontairement des failles de sécurité.

Car les attaques sont de plus en plus complexes et subtiles.

Et parce qu’un développeur ne sait pas ce qu’il ne sait pas.

(Surtout si, comme pour la grande majorité, il n’a jamais été confronté à ce genre de problèmes.)

Afin d’aider les développeurs à développer de manière sécurisée,

Il existe des guides regroupant recommandations, bonnes pratiques et outils créés par des experts et qu’il est intéressant d’appliquer.

À la lecture de ces guides, tout semble évident.

C’est le sentiment ce que j’ai eu la première fois que j’en ai lu un.

Bien qu’avant cette lecture, je n’aurais jamais imaginé mettre en place la plus simple des approches décrites 😓

Défi de la semaine

Prends un objet ou un concept du quotidien.

Quelque chose où ton sentiment interne est “je n’ai pas tous les détails mais je sais comment ça marche.

Quelles questions pourrais-tu te poser pour découvrir ce que tu ne sais pas ?

Et existe-t-il des guides que tu pourrais lire pour t’assister dans cette tâche ?

Tes commentaires m’intéressent !

N’hésite pas à m’envoyer un message pour me dire :

  • Ce que tu as apprécié,

  • Ce que tu as détesté,

  • Ce que tu as testé,

  • Ce qui a marché,

  • Ce qui a bloqué,

  • Ce dont tu aimerais que je parle dans une prochaine édition.

Je suis à ton écoute et je te répondrai avec plaisir.

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